Démarche

Je regarde la vie. Je l’observe à une distance fragile. Sous mes yeux, ça grouille, court, discute et vit.

D’en haut, j’imagine des célébrations humaines, abstraites et maculées. La foule s’y agite souvent et pourtant l’individu n’a jamais été aussi flagrant, planté au cœur de cette masse. La multitude et l’unité se superposent pour former un ensemble cohérent que je mets en scène à travers une palette de couleur harmonieuse. La transparence de la couleur, la légèreté de la touche me permettent de faire ressentir que tout est lié, c’est l’absence de hasard qui suggère des routes invisibles. Les touches marquées par l’épaisseur de l’huile mettent en scène le mouvement de la vie, la constante évolution qui la caractérise et les routes qui se créent. Elles font ressentir un certain désordre qui n’en est pas un, au contraire, les trajectoires de vie se dessinent et s’affirment.

A propos

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Clothilde Lasserre signe des toiles d’une énergie captivante. Conjuguant instinct de la touche, audace des couleurs et sens implacable de la composition, ses Foules valsent entre figuration et abstraction. Un perpétuel va et vient entre une vie intérieure et le contact vital avec l’Autre qui se concrétise par des zooms et des prises de recul. Clothilde Lasserre travaille sur l’identité depuis longtemps. Le paradoxe de tout individu : s’intégrer et donc ne pas se différencier tout en gardant sa propre individualité pour ne pas se perdre.

« Saisir dans un tableau l’inexorable mouvement d’une multitude de personnages, capter les bruissements de la vie … Voilà ce que nous donne à voir Clothilde Lasserre. » Aralya Avril 2015

« C’est un travail artistique qui apporte un outil de réflexion fascinant, qui encourage le questionnement et qui témoigne d’une grande sensibilité. « (Luxembourg Art Price)

« La peinture est plus libre, plus en transparence. Elle prend le pas sur le sujet. La peinture dépasse le sujet, elle devient l’élément principal, comme si elle s’en était libérée… Dans tous les cas de figures, perdus dans la foule ou plus différenciée c’est la foi dans une humanité colorée, chaleureuse qu’affirme Clothilde Lasserre. » Lucien Ruimy – 2016

« En nous offrant la possibilité de cette « vue d’en haut », de cette « distance relative », c’est à un vrai travail de tolérance, d’humilité et d’échange que nous invite Clothilde Lasserre » Piero Cavalleri – 2017

Portrait de Clothilde Lasserre, artiste peintre

Novembre 2017 : La galerie PASSEART présente « Ensemble c’est tout » CLOTHILDE LASSERRE

Lorsque Clothilde Lasserre prend de la hauteur, c’est, sans prétention aucune, un simple choix perspectif. Car le regard qu’elle porte sur les foules multicolores ou sur ces jeunes filles agitées comme dans une cour de récréation est plein de tendresse.

Son choix pictural est clair : il s’agit de rendre palpable sa vision « atomique » du monde et des individus qui le composent.

Sous les yeux complaisants de Clothilde Lasserre nous nous agitons, comme autant de particules, d’électrons ou de cellules, nous nous perdons et nous nous cherchons sans cesse, en quête de l’impérieuse reconnaissance de notre identité.

Pourtant , ni violence ni posture critique dans son œuvre. Bien qu’ allusif son dessin est précis, les couleurs pastels de sa palette animent l’espace de la toile et ses sujets (dés)organisés, à la limite de l’abstraction, sont des leçons d’harmonie et de composition.

En nous offrant la possibilité de cette « vue d’en haut », de cette « distance relative », c’est à un vrai travail de tolérance, d’humilité et d’échange que nous invite Clothilde Lasserre.

Piero Cavalleri, novembre 2017

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La peinture de Clothilde Lasserre reflète un parcours atypique dans le monde de l’art contemporain. Elle ne vient pas à la peinture par hasard mais bien par nécessité. Comme le seul moyen d’exprimer et partager sa compréhension du monde, ses exaltations et ses angoisses. Comme son témoignage de la difficulté à vivre ensemble tout en étant unique. Ses foules en sont sans aucun doute la plus belle expression. Des foules d’individus noyés dans une masse aliénante mais dont les couleurs expriment si bien la richesse de la diversité des êtres. Et des âmes aussi.Clothilde n’a pas fait d’école d’art ni même pris de cours de peinture. Elle respecte des maîtres mais ne doit rien à des professeurs et en retire une très grande liberté d’expression. Sa technique est forte mais elle n’est que le prolongement de son aspiration à mettre en couleurs les émotions de nos vies. Avec ce sens inné de la couleur pour seul repère, Clothilde s’attaque directement à l’huile sur toile. D’emblée, son pinceau   apparaît puissant, son trait rythmé mais sa lumière reste sensuelle. Quand on lui demande quel est son style, dans quelle catégorie elle se range, elle répond souvent « ah les boîtes, les cases ? La peinture est venue me chercher pour fuir le monde des cases. Je n’y retournerai pas ».

Malgré tout, sa peinture est considérée par les professionnels de l’Art comme figuratif-expressionniste tirant parfois sur l’abstrait. Avant d’être peintre, Clothilde fut mathématicienne. De cette école de la rigueur absolue, elle a intégré dans son travail la puissance des symboles et l’art du langage. Les mathématiques sont une poétique disciplinée, la peinture est une discipline poétisée. Les deux permettent de raconter le monde tel qu’il est ou tel que l’on voudrait qu’il soit. Ses paysages enneigés doivent un peu aux fractales, ses foules beaucoup à la théorie du chaos. Ou l’histoire d’un monde qui se croit organisé mais qui sous une simple impulsion bascule dans la panique, la violence, la liesse ou le déchaînement de passion. Il n’est donc pas surprenant que ses œuvres aient rencontré un public enthousiaste en Chine notamment, pays de la foule s’il en est.

Pourtant, son sujet principal n’est pas tant la foule que l’Homme et cette fragilité qui l’incite à renoncer à son individualité pour se sentir moins vulnérable. Son traitement de l’huile et des couleurs aide à créer des scènes urbaines dans lesquelles on voit d’abord encore et toujours cette foule avant que ses cadrages et sa lumière ne conduisent à se reconnaître soi-même comme l’un au milieu des autres. Le  travail de Clothilde nous touche parce qu’il parle de chacun de nous.

Marie Jouan Gondouin – Galeriste