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juin 13th, 2018 Posted by Presse 0 comments on “pratique-arts-hors-serie-special-vie-dartiste-2018”

Clothilde Lasserre

Un parcours libre et serein

Dans ce numéro paru le 13 avril 2018, la Rédaction de Pratique des Arts consacre dans son Hors série quelques pages à la peinture de Clothilde Lasserre

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Ce magazine Hors-Série est disponible en kiosque ou en ligne chez Divertistore

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Résultats du FESTIV’ARALYA 2016

septembre 14th, 2016 Posted by Presse 0 comments on “Résultats du FESTIV’ARALYA 2016”

Le Festiv’aralya 2016 vient de se terminer et il est temps d’en publier les résultats. L’attribution par les galeries partenaires de leur prix, leur sélection parmi les 40 artistes présentés pour une exposition dans leur galerie…. Et le prix du public…

Prix Melting Art Gallery – Cécile Van Bockstaël

Une philosophie partage et authenticité… L’être humain est au cœur de la programmation artistique de la galerie, qu’il s’agisse de peinture ou de sculpture, d’Expressionnisme, d’Humanisme ou d’Hyperréalisme…

 
Clothilde Lasserre

Les foules de Clothilde Lasserre valsent entre Figuration et Abstraction et influent une énergie captivante. Un perpétuel va et vient entre une vie intérieure et le contact vital avec l’Autre…

Prix Passeart – Cathy Kerveillant

Un lieu où l’art est vie ! Cathy Kerveillant et Piero Cavalleri accueillent les artistes dans leur espace en toute convivialité et spontanéité…

 

     
Christine Anziani

Métaphores, poésie, humour ou dérision… les collages de Christine Anziani permettent de mettre à distance la réalité, tout en éclairant ou évoquant les difficultés de la société….

Christophe Blanc

Les personnages de Christophe…. “des personnages sans âges et sans allure, vêtus de pure peinture et comme nés d’une matière première, minérale, massive, brutale, et couverte d’une apparence pierreuse et moussue.”

Clothilde Lasserre

“Convaincue de la richesse de chacun, Clothilde Lasserre travaille dans l’esprit d’une métaphore sur la société formant un tableau tout en harmonie de couleur et de mouvement.”

Et les autres lauréats sont …

Prix du public

Chloé Sontrop

Jeune sculptrice née en 1989, Chloé Sontrop exprime ce qu’il y a de plus profond en elle et ouvre son répertoire sur le thème de l’enfance, de l’exotisme et du voyage. La sculpture est un bon moyen de connaître le monde, de partager une passion et de comprendre la forme dans sa totalité.

 

Prix Galleria Monteoliveto – Chantal Lora

 

Une fenêtre sur la créativité internationale, innovante et tournée vers “notre monde en pleine mutation” avec des espaces d’exposition dans les 2 galeries de Naples et de Nice.

   
Bénédicte Klene

Croquer et collecter les petits riens de la vie qui se trouvent à portée de notre regard….

Yolaine Wuest

“Je ne pose pas la lumière mais je cherche à la trouver, à creuser, à la faire (re)naître où elle doit être…”

 

 

Prix Galerie Ories – Jacques et Armine Convert

Un lieu d’échange entre l’oeuvre de l’artiste et le regardeur… un moment d’émotion et le partage d’une sensibilité commune…

 

     
Chloé Sontrop

La condition de l’enfance dans le monde et la construction de soi… des regards forts, fragiles ou fragmentés surgissent avec une certaine mélancolie comme pour mieux se préserver du passage douloureux à l’âge adulte…

Paul Vilalta

Les sujets abordés par Paul Vilalta sont toujours proches et familiers. Seaux, bouteilles plastiques, livres… objets simples et ordinaires à travers lesquels l’artiste essaie de révéler l’importance plastique du monde qui nous entoure…

Titos Kontou

L’homme et la nature, en interaction, transmettent un sentiment d’harmonie possible dans notre monde actuel…

 

Prix Galerie Maureg’art – Caroline Schwerdorffer

Un cadre de verdure pour des expositions coups de coeur organisée par Caroline Schwerdorffer.

 
Didier Hamey

Les amulettes de Didier Hamey, inspirées par l’univers des Yokaï japonais, incarnent des esprits, des fantômes, des démons familiers ou animaux fabuleux en métamorphoses….

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Vivre l’Art Magazine Aout 2016 – CLOTHILDE LASSERRE : LA CHALEUR HUMAINE (Lucien Ruimy)

septembre 14th, 2016 Posted by Presse 0 comments on “Vivre l’Art Magazine Aout 2016 – CLOTHILDE LASSERRE : LA CHALEUR HUMAINE (Lucien Ruimy)”

Longtemps, Clothilde Lasserre a eu un sujet de peintures reconnaissables au premier coup d’œil, des foules vues de dessus. Lorsque l’on voyait l’un de ses tableaux pour la première fois on se demandait de quoi il s’agissait, il fallait un temps d’adaptation pour comprendre la scène représentée. On passait d’une abstraction à de la figuration. Une fois passée la surprise on allait dans le détail de ces foules et au-delà du sujet de l’anonyme perdu dans un ensemble, c’est la peinture qui individualisait, c’est elle qui différenciait.

Puis ces derniers temps, elle a redressé la perspective, du grouillement des foules elle est passée à une individualisation de ses personnages, ceux-ci sont à peine suggérés. Ce sont les différenciations de couleurs qui en définissent les contours, ils sont moins affirmés, ils flottent de manière plus floue, plus poétique.

La peinture est plus libre, plus en transparence. Elle prend le pas sur le sujet. La peinture dépasse le sujet, elle devient l’élément principal, comme si elle s’en était libérée. Ce qui lui donne une respiration particulière.

Dans tous les cas de figures, perdus dans la foule ou plus différenciée c’est la foi dans une humanité colorée, chaleureuse qu’affirme Clothilde Lasserre.

La couleur, les transparences prennent toute leur place, les tons sont chauds. La peinture, le geste sont tout en énergie. Ils donnent toute la force aux personnages.

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Journal des avocats Belges : Article de P-M Sprockeels

juillet 8th, 2016 Posted by Presse 0 comments on “Journal des avocats Belges : Article de P-M Sprockeels”

Journal des avocats Belges - ETE 2016

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Article Miroir de l’Art / Puls’Art 2016

juin 15th, 2016 Posted by Presse 0 comments on “Article Miroir de l’Art / Puls’Art 2016”
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Pays des Impressionnistes – Clothilde Lasserre ouvre ses portes – 23 Janvier 2016

janvier 29th, 2016 Posted by Expositions classees, Presse 0 comments on “Pays des Impressionnistes – Clothilde Lasserre ouvre ses portes – 23 Janvier 2016”

 

Article du Courrier des Yvelines en date du 20 Janvier 2016 :

Courrier des yvelines 20 01 2016

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour plus d’informations : Cliquez ici

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Clothilde Lasserre Artiste « coup de coeur » dans l’E-magazine ARALYA Avril 2015

mai 1st, 2015 Posted by Presse 0 comments on “Clothilde Lasserre Artiste « coup de coeur » dans l’E-magazine ARALYA Avril 2015”

"LES IMPOSTEURS" de Clothilde Lasserre

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« Convaincue de la richesse de chacun, Clothilde Lasserre travaille dans l’esprit d’une métaphore sur la société formant un tableau tout en harmonie de couleur et de mouvement ». « A nos différences », « Les faux semblants », « Nous, vous eux »… voilà « les imposteurs »*, quelques nouvelles toiles que vous pourrez découvrir sur www.aralya.fr. Il y a une véritable vie dans ces œuvres qui s’offrent sans vergogne à la couleur, les formes se lovent dans un enchevêtrement, on entend presque le bouillonnement de la foule.
Saisir dans un tableau l’inexorable mouvement d’une multitude de personnages, capter les bruissements de la vie … Voilà ce que nous donne à voir Clothilde Lasserre. Un travail atypique.

** « L’imposteur est un authentique martyr de notre environnement social, maître de l’opinion, éponge vivante des valeurs de son temps, fétichiste des modes et des formes », extrait de Roland Gory « La fabrique des imposteurs »

Retrouvez l’artiste sur :

www.aralya.fr

www.clothildelasserre.com

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Article La Manche Libre – Clothilde Lasserre expose au Château de Gratot – 12 Juillet 2014

juillet 13th, 2014 Posted by Presse 0 comments on “Article La Manche Libre – Clothilde Lasserre expose au Château de Gratot – 12 Juillet 2014”
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Clothilde Lasserre expose au Château
Peintre impressionniste contemporain, née en 1969, Clothilde Lasserre est une contre vérité ou le contraire, l’exception qui confirme la règle. Docteur ingénieur en Mathématiques appliquées, esprit rigoureux, elle est d’une rare sensibilité et justesse dans son art. Son oeuvre est à son image, efficace et différente.
Clothilde Lasserre peint avec énergie et sensualité. Son sens de la couleur lui permet d’oser des assemblages improbablkes qui accordent une place essentielle à la nuance. Par couches successives, elle joue avec la lumière et les contrastes, façonnant ainsi l’intensité lumineuse. Clothilde s’intéresse aux Hommes et à la place que chacun d’eux occupe. La foule l’intrigue, elle la travaille incessamment. La démarche : une inspiration autour de l’harmonie des couleurs et de la force de la touche au servie du mouvement. Un thématique centrée sur l’humaindéclinée autour de la « foule et de son interprétation pour traiter des sujets qui la touchent. Communiquer par la peinture, la nécessité de vidre avec les autres, ensemble tout en étant unique avec un trait puissant et unique, rytmédans une lumière qui reste sensuelle.

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Article Exposition au Château de Gratot dans OUEST FRANCE – 10 Juillet 2014

juillet 13th, 2014 Posted by Presse 0 comments on “Article Exposition au Château de Gratot dans OUEST FRANCE – 10 Juillet 2014”

http://www.ouest-france.fr/elles-lancent-la-saison-au-chateau-de-gratot-2694260

Elles sont peintres, sculptrices, plasticiennes ou photographe. L’univers singulier de ces six artistes de la région parisienne est à découvrir au Château de Gratot.

Jusqu’au 31 aout, les murs du Chaâteau de Gratot abritent l’exposition Points de vue, le travail de 4 artistes de la région parisienne : Sophie Jouan, sculptrice, Christelle Bertrand, Clothilde Lasserre, Anne-Christine Wellenstein, peintres.

Le pavillon XVIIIe met en lumière le travail original de macrophographie imprimé sur plexiglas. « La matrice en diapositive m’a donné l’idée d’imprimer les photos sur un matériau transparent, pour l’intérieur comme pour l’extérieur, de petits, de grands formats », souligne Li-Launay.

Le pétale de cleome spinoza et le noyau de pavot extrêmement colorés voisinent avec le travail de collage et de découpe de papiers de Christine Duflo, intitulée Identité papier, une traduction de vibrations improvisées, d’écritures appliquées et de géométries imparfaites.

Dans les communs du château, le travail urbain d’Anne Christine Wellenstein interroge la place que la ville laisse à l’homme. L’artiste, qui affectionne particulièrement Paris, Londres et Tokyo, capte dans ce qui l’entoure les rythmes, les séquences, les lignes et les contrastes. Tout aussi colorées, les scènes de plages de Clothilde Lasserre témoignent de son intérêt pour les rapports humains, de la foule, de l’être unique.

Plus sombres, les marines de Christelle Bertrand confrontent le visiteur à l’immensité, au temps qui passe et aux traces laissées par l’homme. Toute-puissance contre fragilité. Sophie Jouan, elle, sculpte des personnages en territoires conquis ou inconnus, la sortie de métro, un trapéziste, les commères. Ses personnages s’expriment en mouvement, empruntant l’espace comme une aire de jeu.

L’artiste construit les corps de l’intérieur, soude l’armature, associe parfois le métal, le grillage, la pâte à papier, le ciment et la patine qui vient se poser comme une peau.

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Mon coup de coeur pour l’article de Louis Doucet extrait de la Lettre d’information de Cynorrhodon – FALDAC – Juin 2014

mai 26th, 2014 Posted by Presse 0 comments on “Mon coup de coeur pour l’article de Louis Doucet extrait de la Lettre d’information de Cynorrhodon – FALDAC – Juin 2014”

Mon article coup de coeur de Louis Doucet est paru dans l’e-revue « Le poil à gratter » n° 21 de Juin 2014 :

Entre académisme et réaction

L’art contemporain fait peur ou fait rire, selon les circonstances. Il fait aussi, trop souvent, pitié… Le spectateur qui décide d’aller au-delà de ces réactions épidermiques et veut se donner le temps et la peine de comprendre est incessamment ballotté entre des propositions antagonistes. L’écartèlement est permanent entre un art institutionnalisé, médiatisé et commenté à outrance, au point de se demander s’il existerait sans les gloses dont il fait l’objet, et des pratiques produisant, ad nauseam, des redites de modèles vus et revus.
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L’art contemporain, dans le sens où ce terme est utilisé dans les médias et par le grand public, reste, comme au XIXe siècle, essentiellement une affaire étatique. Plus encore, peut-être, aujourd’hui qu’au temps des impressionnistes, car l’État, qui procédait autrefois à visage découvert, le fait, maintenant, de façon plus indirecte et pernicieuse. C’est, en effet, l’État qui forme – formate pourrait-on dire – puis nomme les directeurs et les conservateurs des musées, qui procède aux achats les plus significatifs, que ce soit directement ou par l’intermédiaire des FRAC, qui gère une partie significative du parc des ateliers parisiens, qui décide de montrer ou de ne pas montrer les travaux dans les musées ou dans les lieux publics… Le Salon a disparu, mais les grandes célébrations plastiques nationales – du type Monumenta ou les rétrospectives dans les musées nationaux – restent l’apanage de l’État et de ses agents de la culture. L’État a aussi le pouvoir d’étrangler, de réduire au silence, par le biais de la réduction de ses subventions ou de la limitation d’accès aux lieux d’exposition qu’il gère, toute velléité de présentation de travaux qui échappent à la doxa officielle. Et il ne s’en prive pas, que ce soit de façon délibérée ou sous la pression de contraintes économiques.Ce que l’État décide de nous montrer, ce sont des artistes plasticiens qui ont, à ses yeux, réussi. La définition de la réussite – et, par conséquent de l’échec – reste dans les mains de commis qui disposent du double pouvoir de reconnaître et récompenser ladite réussite et de donner les moyens matériels de (sur)vivre aux seuls plasticiens qui se conforment aux dogmes qu’ils ont eux-mêmes fixés.Pierre Bourdieu a écrit : « Tout producteur artistique, ou même culturel, qui réussit est en danger de produire un académisme, c’est-à-dire des épigones qui produisent, non plus des schèmes générateurs pratiques du producteur original, mais des schèmes théoriques explicités et explicitement dégagés des productions pratiques du producteur originel. C’est-à-dire qu’ils savent trop en quelque sorte ce qu’il faut faire pour faire exactement ce qu’il faisait comme il le faisait. C’est cela l’académisme : on dégage des lois de fabrication des produits déjà fabriqués, de l’opus operatum, et on prend pour modus operandi, pour mode de production, des recettes, des procédés explicitement construits à partir des produits. »[1] La pertinence de ce propos, datant de 1999-2000, est frappante. Il suffit, pour qui en douterait encore, de se pencher, par exemple, sur l’exposition annuelle des lauréats du Prix Marcel Duchamp. On y voit que des recettes éculées, des procédés déjà vus que l’on veut faire passer pour modus operandi. « Faire passer des vessies pour des lanternes »[2], dirait-on en langage populaire…L’État, qui continue à recruter, par concours, des fonctionnaires au titre pompeux et stupéfiant d’Inspecteur et conseiller de la création, des enseignements artistiques et de l’action culturelle, édicte donc, entretient et encourage ce qui ne peut être défini que comme un académisme, même si ce nouvel académisme se veut anti-académique… C’est donc tout un système, avec ses règles, ses codes, ses procédures et ses systèmes de perpétuation et de défense qui est mis en place… Bourdieu, toujours lui, le qualifie, à juste titre, d’obscurantisme : « […] je pense, vous l’avez sans doute senti, que l’art est aujourd’hui le lieu d’un obscurantisme. Si Durkheim ou Weber revenaient, ils passeraient de la sociologie de la religion à la sociologie de l’art, parce que beaucoup de logiques mises en évidence sur le prophétisme, la croyance, etc., qui s’observent dans le champ religieux sont aujourd’hui présentes dans le champ artistique. Les difficultés que l’on rencontre quand on travaille sur ces terrains ne sont pas seulement des difficultés intellectuelles : il y a aussi des difficultés sociales, que je pense être des résistances qui tiennent au fait que l’art est aujourd’hui investi, peut-être plus que tout autre objet social, de croyances ultimes, et donc entouré de tout un système de défense collectif. »[3]

La situation n’a donc guère évolué depuis l’époque de Courbet et de Manet. Elle est, à mes yeux, bien pire et, ce, pour deux raisons essentielles.

La première est que le XIXe siècle avait des critiques, et non des moindres qui faisaient entendre leur point de vue contre la pensée unique de l’académisme. Ainsi Zola, Mallarmé, Baudelaire et bien d’autres ont contribué à faire entendre, au public éclairé, une voix autre qui a fini par prévaloir sur celle de l’institution. Si, dans la presse, on peut encore lire, de temps en temps, des critiques qui éreintent une mise en scène théâtrale ou d’opéra, un film, voire, plus rarement, une création musicale, il n’en est rien pour la création plastique où les rares propos sont toujours laudatifs. Michael Werner, par exemple, déclare : « Autrefois, le monde de l’art était divisé autour d’un artiste : il y avait les ennemis, et les enthousiastes. Aujourd’hui, vous n’avez plus que des enthousiastes… Ce n’est pas supportable. On a besoin d’antagonismes, sinon, on commence à roupiller. Et de l’art ne sort plus rien. Or, l’art a une fonction dans le système social : il a le devoir d’être différent, différent du reste du monde. Mais cela devient aujourd’hui la même chose. »[4] Le créateur contemporain qui n’a pas l’heur d’appartenir au petit sérail protégé par l’État est donc réduit à l’indifférence, à l’inexistence… Une forme de mépris bien plus difficile à supporter que l’hostilité, quand celle-ci s’appuie sur des arguments, pertinents ou non, que l’on peut toujours prendre en compte ou réfuter.

La seconde est la logique de marché qui devient, aux yeux du plus grand nombre, le seul indicateur de la valeur d’un artiste. Ceci n’est pas entièrement nouveau. Déjà, au XIX>e siècle, le fait d’exposer au Salon ou, mieux encore, d’être académicien, confortait les acheteurs dans leurs choix d’acquisition d’une œuvre d’art. Aujourd’hui, c’est la tyrannie des données diffusées par artprice, par exemple, qui sert de garantie de la valeur d’un artiste. Cet état de fait a des effets particulièrement pervers. Personne, par exemple, ne s’est posé la question de savoir pourquoi un des grands artistes de notre temps, comme Gerhard Richter, est absent du Top 500 de cet indice et pourquoi cinq artistes chinois figurent dans les dix premières places. Tant pis, après tout, si les grands collectionneurs-investisseurs de notre temps font les mêmes erreurs que leurs prédécesseurs qui, sur la base de critères de valeur erronés, ont acheté, à prix fort, des œuvres de Gérôme, Cabanel ou Meissonier. Ce qui est plus grave c’est qu’il n’y a plus, aujourd’hui, ces autres collectionneurs, de la haute-bourgeoisie ou des classes moyennes éduquées, qui achetaient sur des coups de cœur sans trop se soucier des avis officiels. La quasi-disparition de l’enseignement des humanités et du sens critique, la prévalence d’une culture du consensus mou sur des valeurs, elles aussi, molles, l’omniprésence des formules toutes faites du prêt-à-penser, la dictature de médias dont la rentabilité économique prévaut sur le souci de l’information, l’absence de toute formation systématique à l’histoire de l’art, la paupérisation des classes moyennes… tout ceci a contribué à réduire à la portion congrue la population qui pourrait s’intéresser à la création plastique en dehors des chemins battus et à encore moins que congrue celle qui franchira le pas en achetant une œuvre d’art… Il ne faut pas l’oublier, ce ne sont pas les achats des institutions qui font la richesse de nos musées, mais ceux de collectionneurs, alors considérés comme marginaux, qui ont fait des choix en dehors de la doxa plastique totalitaire proclamée par l’État et par ses agents.

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Aux yeux du grand public, l’art contemporain est donc, au mieux, une discipline élitiste réservée à des milliardaires aux goûts bizarres ou, au pire, une imposture et une vaste escroquerie intellectuelle. En réaction à ce constat, s’est développé un ensemble de pratiques rétrogrades et régressives qui légitiment le fait que tout praticien du dimanche, sans message à exprimer ni maîtrise technique de son médium, se sent investi d’une mission presque religieuse de produire et de montrer ses travaux.

Il y a pourtant, chez ces artistes auto-proclamés, une contradiction latente. Ils revendiquent implicitement l’autorité de Beuys – « chaque homme est un artiste » – ou de Duchamp – « chacun serait un artiste, mais méconnu en tant qu’artiste » – tout en récusant la démarche et les travaux de ceux-ci et, plus particulièrement le propos de Duchamp : « le grand ennemi de l’art, c’est le bon goût. »[5]

Plus profondément, en s’ancrant dans une nostalgie passéiste, ces pseudo-artistes copient des formules ressassées et, partant, se positionnent en dehors de leur propre contexte social et historique. Ils ne sont ni témoin ni écho de leur temps. Et Bourdieu nous le rappelle à bon escient, l’œuvre d’art est indissociable d’un hic et nunc social et/ou sociétal : « le monde social, quand il s’agit d’œuvres d’art ou de littérature, nous dit tout deux fois : il nous dit à la fois les choses dans les œuvres et dans le monde social au sein duquel elles ont été produites. »[6] ou encore : « pour comprendre une œuvre, surtout une œuvre de rupture, il est important de prendre en compte l’effet social qu’elle a produit, dans la mesure où celle-ci est de nature à révéler les raisons ou les causes de ces effets… »[7]

Ces pâles imitateurs savent trop bien ce qu’ils font, au point de faire perdre tout sens à leurs productions. Bourdieu encore : « C’est parce que les agents sociaux ne savent pas complètement ce qu’ils font qu’il y a, dans ce qu’ils font, plus de sens qu’ils ne le savent. »[8]

Profitant de cette aubaine, sont nées une multitude de manifestations mercantiles, où il suffit de s’acquitter d’une somme d’argent pour être reconnu en tant qu’artiste en accédant à la possibilité de montrer ses travaux au public dans un environnement qui les présentent et les valident, aux yeux des prétendus artistes et du grand public, comme des produits de l’art contemporain. Le GMAC – Grand Marché d’Art Contemporain –, par exemple, s’inscrit dans cette logique en répondant aux aspirations et en flattant l’ego de ces aspirants artistes. Il existe même, à Brest, une manifestation annuelle dont le nom n’est pas dénué d’humour : La foire aux croûtes. L’humour s’arrête à ce niveau, car cette manifestation calamiteuse se déclare investie d’une grande mission puisqu’elle « permet la découverte et l’expression de nouveaux talents musicaux et picturaux, talents qui, sans elle, seraient restés inconnus du public, et parfois des artistes eux-mêmes. »[9] Faut-il en rire ou en pleurer ? Ici encore, la chose ne serait pas grave si ces pitoyables monstrations ne diffusaient pas une image dénaturée et dévoyée de ce qu’est la création contemporaine. Pour reprendre le propos de Bourdieu, le modus operandi cède, ici aussi, la place à l’opus operatum.

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Ainsi, de façon assez curieuse, les produits de la démarche totalitaire de l’art institutionnel et les productions des artistes réactionnaires se rejoignent dans un refus d’intégrer le plasticien dans son temps, d’en faire le sismographe sensible et sensé de son époque. Et la critique d’y ajouter son propre niveau de confusion. Bourdieu encore : « Il n’y a rien de plus vaseux que la critique picturale, et il n’y a pas de raison pour que cela ait été mieux à d’autres époques. C’est extrêmement confus, et une des erreurs consisterait à mettre plus de logique dans l’objet qu’il n’y en a dans la réalité. Il faut respecter ces objets, il faut les prendre comme ils sont, mais en sachant que ce n’est pas un concept taillé à la serpe logique, ce sont des intuitions conceptuelles destinées à exprimer des impressions confuses à propos d’objets polysémiques. »[10]

Entre produits du totalitarisme et de la réaction, il y a pourtant une voie médiane qui est celle de la véritable création, celle que l’Histoire retiendra et dont les produits feront, dans deux ou trois générations, la richesse et l’orgueil de nos musées. Il y a, dans les ateliers, un peu partout en France – et ailleurs –, des artistes qui ont quelque chose de pertinent à dire sur notre monde, qui savent l’exprimer de façon compréhensible, en maîtrisant leur technique, s’inscrivant dans une lignée historique tout en s’en démarquant en faisant montre d’originalité.

Ce sont ces seules œuvres, qui en disent souvent plus que ce que leur créateur à voulu leur faire dire, qui constituent le véritable corpus de l’art de ce début de XXIe siècle. Leur polysémie est à l’aune de la complexité de notre époque. Elle en est le reflet, la richesse mais aussi « le meilleur antidote à tous les racismes, antisémitismes, communautarismes et autres pensées régressives sur l’homme. »[11] Elle agit en profondeur sur le regardeur, sur son inconscient plus que sur sa raison. Bourdieu encore : « La communication entre une œuvre d’art et un spectateur est une communication des inconscients beaucoup plus qu’une communication des consciences : très peu passe par la conscience, même si ensuite on peut expliciter. »[12] C’est très certainement la raison pour laquelle les régimes totalitaires se sont toujours évertués à normaliser l’expression artistique, à la canaliser pour la glorification exclusive de leur propre vision de la société. Il est d’ailleurs très instructif de constater les étroites similitudes des productions plastiques du stalinisme, du nazisme et du maoïsme.

Il reste à l’amateur éclairé de trouver ces artistes situés à égale distance des mirages de la mode dictée par l’institution et les sempiternelles redites de prétendus artistes qui n’ont rien à dire. L’exercice n’est pas difficile pour qui veut s’en donner la peine, à condition de ne pas se fier aux sirènes de la mode officielle ni à celles d’un conservatisme stérile…

Louis Doucet, février 2014

(suite…)

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Clothilde Lasserre Artiste « coup de coeur » dans l’E-magazine ARALYA mai 2014

mai 21st, 2014 Posted by Presse 0 comments on “Clothilde Lasserre Artiste « coup de coeur » dans l’E-magazine ARALYA mai 2014”
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Clothilde Lasserre
Février 2014, Art’Up Lille, en déambulant dans les allées de ce beau salon, notre regard s’arrête sur des explosions de couleurs ! Des multitudes de tâches rouges, jaunes, vertes, bleues, … s’agitent, se resserrent comme entraînées dans un mouvement perpétuel.
Soudain, une foule se dessine ! Clothilde Lasserre d’une voix calme et douce nous « raconte » sa peinture. « … Les gens sont attirés par la vibration, la couleur mouvante, l’impression de mouvement. Mais c’est seulemenbt après la contemplation du morceau de peinture qu’ils vont distinguer une foule. J’aime cette ambiguïté… ».
Foule urbaine, foule des plages, foule sportive, foule festive, foule « tristesse » … Cette foule, Clothilde en prenant de la hauteur pour nous la montrer, nous invite à notre tour à prendre du recul sur nous-mêmes… Toutes ces personnes que nous croisons tous les jours, que nous bousculons , parmi lesquelles nous nous « noyons » sans se voir, sans se parler, sans communiquer !

La fragilité de l »Homme, de son individualité, son besoin de se regrouper pour être moins seul, moins vulnérable mais aussi plus fort, plus uni…
« … La peinture de Clothilde Lasserre s’inscrit comme son témoignge de la difficulté à vivre ensemble tout en étant unique. Ses foules en sont sans aucun doute, la plus belle expression. Des foules d’individus noyés dans une masse aliénante mais dont les couleurs expriment si bien la richesse de la diversité des êtres… »
Foule protectrice, foule ennemie, foule amie … Même si cette peinture nous interroge sur notre existence, nos errances… elle est aussi un magnifique message d’optimisme.
« Comme un ensemble cohérent que je mets en scène à travers une palette de couleurs harmonieuses, la foule se doit d’être car nous en faisons partie, nous y avons un rôle. La transparence de la couleur, la légèreté de la touche me permettent de faire ressentir que tout est lié… Les touches marquées par l’épaisseur mettent en scène le mouvement de la vie, la constante évolution qui la caractérise… Puis, dans cette vie multiple, vient la nécessité de faire réapparaître la richesse de chacun à travers son individualité, celle qui, il faut en être convaincu, nous aide à avancer dans la vie… »
Un coup de cœur que nous voulons vous faire partager.
Retrouver l’artiste sur :

Permalien vers www.aralya.fr
Permalien vers www.clothildelasserre.com
Huile sur toile 150/150 2013
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Salon Première vision Paris Février 2014 : tableau de Clothilde Lasserre sélectionné pour illustrer le « Collectif créatif »

février 10th, 2014 Posted by Peinture contemporaine, Presse 0 comments on “Salon Première vision Paris Février 2014 : tableau de Clothilde Lasserre sélectionné pour illustrer le « Collectif créatif »”

Tableau sélectionné par le prestigieux salon professionnel  Première Vision pour illustrer le « Collectif créatif », Premier salon mondial des tissus d’habillement, du 18-20 février 2014 – Parc d’Expositions Paris Nord Villepinte

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Article « Rénover un appartement parisien »

novembre 25th, 2013 Posted by Presse 0 comments on “Article « Rénover un appartement parisien »”

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« Au coeur de Paris, cet ancien duplex redivisé s’ouvre sur un long couloir. J’ai décidé de l’utiliser comme galerie. Au prix du m2, il vaut mieux qu’il soit agréable et utile au bien-être. Et pour cela, j’ai choisi des oeuvres de Clothilde Lasserre pour le mettre en valeur. » 

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Article Clothilde Lasserre Hors série Pratique des Arts – Mai 2013

novembre 23rd, 2013 Posted by Presse 0 comments on “Article Clothilde Lasserre Hors série Pratique des Arts – Mai 2013”

Traduire le mouvement à 180 degrés

Depuis quelques années, Clothilde Lasserre multiplie les cadrages audacieux sur le thème des foules. Dans ses dernières toiles, elle saute le pas et place l’oeil au dessus du sujet. Une façon de prendre de la hauteur face au monde. Mais avec un vrai défi plastique : Comment peindre une vue en plongée sans écraser ni sacrifier la perspective ? Textes de Marie Bodemer et Photos de Sylvie Durand (lien sur la revue)

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Portrait

Née en 1969, Clothilde Lasserre a grandi à Bordeaux mais vit près de Paris. Cette autodidacte assumée a toujours peint et dessiné. Venue à la peinture grâce à sa rencontre avec d’autres peintres, elle a choisi l’huile pour s’exprimer. Il y a treize ans, elle comme à exposer, puis décide en 2009 de se consacrer entièrement à la peinture. Elle parle avec reconnaissance des galeristes qui la soutiennent, Virginie Barrou Planquart, Jouan Gondouin, la galerie de l’Echaudé, « qui font tout pour défendre de jeunes artistes et leurs coups de cœur ». Elle expose dans de nombreux salons. Il y a deux ans elle a été primée par le salon des Artistes français.

Ce qui m’a amenée à peindre des foules, c’est le souhait de marquer un temps de pause dans ma vie. Cela s’est accompagné d’un lent mouvement dans la peinture. Regarder les autres, imaginer une histoire, capter une atmosphère. Peu à peu, les cadrages sont devenus plus audacieux. Depuis, j’oscille entre un travail classique de représentation de l’homme et un travail plus abstrait, mais ce n’est pas vraiment chronologique, même s’il y a une évolution dans ma figuration. Ce que je cherche avant tout c’est rendre compte de l’impression que l’on peut avoir d’une scène. La vie ne ressort pas par ses détails, mais par une ambiance.

Construire l’espace

Comment donner cette impression de volume et d’espace en plongée ? Dans un tableau classique, on s’appuie sur des lignes de fuite et un point d’horizon. En fait, sur mes derniers tableaux de foules, le sujet n’est pas forcément évident à l’œil. Donc il faut faire comme dans un livre, donner un sens de lecture. Et cette lecture qui est donnée par la perspective dans une toile traditionnelle, je la matérialise en imprimant un mouvement au tableau. C’est le travail de la touche et le mouvement du poignet qui construisent l’espace, soit en balayage rapide à la brosse, soit au pinceau pour les détails. Je peins sur un fond nu. Ensuite, je pose des masses de couleurs foncées et je structure le mouvement. La clé, c’est le geste. Je crée des croisements de touches très larges à labrosse de manière à concentrer le regard du spectateur et faire naître la sensation de vue en plongée. En fait, il faut que l’œil circule. Je crée un chemin entre les masses de personnages.

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La piscine 80/80 Le format carré invite le regard à prolonger la scène en dehors du tableau. Il introduit la notion de temps et de séquence. Cette toile en annonce beaucoup^d’autres. La touche est encore réaliste au premier plan figuratif, l’espace encore traditionnel grâce à la bande de terre qui clôt la toile dans sa partie supérieure.

Une palette vivante …

Celle-ci a quatre ans, elle reste en l’état. Quand les couleurs sont trop sèches, je malaxe légèrement ou j’en rajoute. Quand l’état devient indescriptible, je gratte à la spatule et je renouvelle. De temps en temps, je tourne la palette pour ne pas être influencée par les teintes les plus proches. Mes couleurs de prédilection sont le vert phtalo, le bleu de cobalt, le bleu outrmer, le braun van Dyck. Je n’aime pas l’orange, mais je me l’impose. On s’appauvrit à ne travailler que des couleurs qui nous attirent ! Je m’attache aux couleurs pas aux marques.

Un peu de pigment pur

Souvent, j’ajoute un peu du même pigment à toutes les couleurs d’un tableau : des ocres de Roussillon, un iridescent, un rose fluo ou encore l’or pâle de chez Sennelier, qui permet des effets dorés imperceptibles. De la pointe du pinceau, je le mélange à une petite quantité de peinture sortie du tube. Cela donne un fil directeur dans la chromatique de la toile. C’est perceptible sans être flagrant et cela octroie à la palette une belle cohérence. Pour un travail en transparence, je mélange les pigmenst à un médium (2/3 huile de lin, 1/3 térébenthine) et uen  cuillère à soupe d’accélérateur. Si je veux une touche très cimentée, j’augmente la dose de pigment.

« C’est la touche et le mouvement du poignet qui construisent l’espace »

C’est ma solution plastique pour structurer le tableau. C’est là que l’on peut parler de composition. Le point de fuite est très perceptible et il n’est pas toujours au centre du tableau.

Couleurs – Lumières

La profondeur est donnée par le contraste de traitement des couleurs. L’œil reconstitue les mélanges en les associant et hiérarchise. J’alterne un travail en jus pour créer des transparences et en touches épaisses pour les détails des personnages. A l’huile, je dois respecter des temps de séchage entre chaque étape ; je travaille beaucoup en réserve pour faire surgir les couches inférieures. Comme ma palette est assez mouvementée, je crée des temps calmes pour que l’œil se repose, des endroits où la couleur est la même. Cela va structurer le tableau. L’autre façon de créer une sensation d’espace est d’accentuer le travail des ombres et des lumières. J’utilise souvent le violet, qui donne vraiment cette sensation d’ombre sans violenter les couleurs qu’il côtoie. Jusqu’à maintenant, j’avais banni le noir de ma palette : il n’enrichissait pas les couleurs avec lesquelles il se mélange. Mais j’en reviens. Dans mes tableaux réalisés pour une exposition récente à la galerie de l’Echaudé à Paris, j’ai utilisé du noir non pur et j’ai constaté que la palette était cohérente. J’ai accroché dans mon atelier un cercle chromatique ; je m’y réfère souvent, mais a posteriori. Je ne suis pas de formation classique et du coup, j’ai pris avec les couleurs une vraie liberté. Avec le temps, je travaille de plus en plus sur des effets nuageux plus ou moins en touche, plus ou moins épais. Cela permet de faire le lien entre les tourbillons humains. Je cherche moins à construire un point central dans le tableau qu’à mettre en place un cheminement du regard, une sorte de fil invisible qui fait le lien entre les masses colorées. Ce rehaut mat, souvent plus clair, accentue les contrastes de couleurs et l’effet de perspective plongeante.

artiste peintre clothilde Lasserre dans son atelier
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